TENTATION

Dietrich Bonhoeffer

On connaît la prière du Notre Père  : «  Ne nous soumets pas à la tentation  ».

Elle pose cependant un problème  : comment Dieu peut-il nous soumettre à la tentation s’il est un Dieu bon, un Père bienveillant  ? Dans le cadre d’une retraite des pasteurs de la Résistance donnée en 1937, Dietrich Bonhoeffer éclaire ce paradoxe dans un texte «  préventif contre toute fausse sécurité, puis contre toute fausse désespérance devant la tentation  ». Assumant le parti pris de préserver catégoriquement le Dieu de la foi de toute assimilation à un tentateur, le pasteur, reconnaissant la forte pression spirituelle à laquelle l’humain est soumis, rend tangible la force paradoxale de la foi comme abandon. Au chrétien, ce texte s’avèrera un compagnon précieux des combats spirituels. Au lecteur intéressé par la Résistance, il offrira un complément important à la pensée du pasteur connu pour s’être opposé au nazisme au prix de sa vie. Car Bonhoeffer livre ici une méditation programmative qui pose déjà, en amont de sa captivité puis de son exécution, la question de «  savoir quand il faut résister et quand il faut se soumettre  ».

Dietrich Bonhöffer est un pasteur luthérien allemand qui s’opposa au nazisme dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler et le paya de sa vie. Ses écrits publiés après sa mort et son martyre influencèrent profondément la théologie protestante de l’après-guerre.

Dietrich Bonhöffer est né à Breslau en 1906 mais grandit à Berlin où son père neurologue enseigne à l’université Humboldt. Petit-fils du théologien Karl von Hase, il ne grandit pourtant pas dans une atmosphère particulièrement religieuse. Il décide cependant dès le lycée de devenir pasteur, se plonge dans de grandes lectures sur l’histoire de l’église et apprend l’hébreu. Il part ensuite étudier la théologie à l’université de Tübingen puis à Berlin. Les œuvres de Karl Barth et du sociologue Max Weber l’influencent profondément. Son horizon s’élargit avec des séjours d’étude à Rome, à Barcelone et à New York où il rencontre l’Évangile social et commence à s’intéresser aux questions politiques. Son retour à Berlin coincide avec la montée en puissance et la prise du pouvoir par Hitler. Bonhöffer s’oppose immédiatement au nazisme et il est dès 1935 interdit d’enseignement. Il fonde alors un séminaire clandestin qui aide les juifs pourchassés. Il est protégé par son amitié avec l’amiral Canaris. Mais cette protection qui lui a permis de voyager et d’essayer de demander de l’aide en Grande Bretagne et en Suède cesse lorsque l’amiral Canaris passe à l’opposition : Bonhöffer est arrêté en 1943, refuse la possiblité d’évasion et est transféré au camp de concentration de Buchenwald. Il est condamné à la pendaison après le complot contre Hitler de Juillet 44 et exécuté en Avril 45, quelques semaines avant la chute du régime. Ses écrits sont rassemblés et publiés après la guerre. Ils ont profondément influencé la théologie protestante.

62 pages

LF1919
9782830919196
LABOR ET FIDES
62
13.0⨯18.0cm
90 g
21.10.2026
Langue
Français
Façonnage
Broché

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